Châteauneuf-du-Pape rouge et blanc millésime 2021

Une année paradoxale, plutôt tardive, avec un climat plein de records et de contrastes. 2021 est souvent qualifié de « Millésime Vigneron ». L'expression traduit la vigilance, l'adaptation et la maîtrise technique nécessaires pour obtenir enfin un vin qui égale les plus grands millésimes classiques d'il y a 15 ans. 

Un printemps très frais a succédé à un hiver exceptionnellement doux. La végétation est déjà prometteuse et bien avancée lorsque le gel survient brutalement dans la nuit du 7 au 8 : le vent s'est arrêté. Cet épisode généralisé a été catastrophique pour de nombreux terroirs et cultures dans toute la France. Châteauneuf-du-Pape a été protégé par l'une des caractéristiques essentielles qui fait de lui un Cru : son microclimat dominé par le vent. Le mistral chasse le gel et la proximité du Rhône adoucit l'atmosphère. Lorsque le vent s'est levé dès le lendemain, il a pratiquement éliminé tout danger pour les cépages et les parcelles les plus précoces.

Ce sont surtout les bordures du vignoble qui ont été touchées. Des températures de -1,5°C y ont été enregistrées (contre-7°C dans le reste du Vaucluse). L'été qui a suivi a connu quelques épisodes très chauds (mi-juin, fin juillet et mi-août), mais n'a pas été brûlant. Les pluies de début août ont permis aux raisins de mûrir sans stress hydrique excessif.

Le cycle végétatif a été plus long que d'habitude, prolongé par des nuits d'été assez fraîches. La maturation des raisins a été belle et complexe, avec des rendements plus hétérogènes en raison des parcelles touchées par le gel printanier. Début septembre, le vignoble est en parfait état sanitaire, épargné par le mildiou et naturellement peu sensible à l'oïdium, grâce à un vent quasi permanent.

A la sortie des premières presses, les degrés étaient légèrement inférieurs à la normale, les jus étaient intensément colorés et l'acidité très présente. C'est la promesse d'un bon potentiel de garde, pour des vins frais qui peuvent aussi être appréciés jeunes grâce à leur équilibre. Bien que les quantités soient plus faibles que d'habitude en raison du gel de printemps, la qualité, le caractère et le potentiel sont toujours là.

Les rouges sont structurés, frais et fruités. Avec des notes poivrées et boisées, l'intensité aromatique est basée sur les fruits noirs et rouges et les olives confites. Puissante et élégante, la bouche est soutenue par des tanins nombreux, serrés, nerveux et très soyeux. La persistance est longue et fraîche, avec du poivre et des tanins soyeux. Un potentiel digne des grands classiques, bien doté en fraîcheur, sur une vingtaine d'années.

Les blancs sont brillants et frais, avec des arômes vifs et bien définis. L'intensité des fleurs blanches et des fruits jaunes est bien marquée, avec des notes anisées et d'épices fines sur le boisé de l'élevage. La rondeur, peut-être un peu moins présente que d'habitude, est accompagnée d'une fraîcheur vibrante qui accompagne la dégustation du début à la fin.

En poursuivant votre navigation sur notre site, vous acceptez l’utilisation de cookies et d’autres types de traceurs utilisés afin de vous fournir des produits, services et contenus adaptés à vos besoins. Ce site utilise des cookies à des fins statistiques et publicitaires.