16 décembre 2020

Article "Les vins sans sulfites"

Les vins sans sulfites 

« Les Brunel ont créé une cuvée techniquement irréprochable. Une marque de fabrique qui se doit d’être soulignée en ces temps où l’approximation est devenue un argument commercial »

Le Nouveau Bettane & Desseauve, décembre 2020

Pourquoi des sulfites dans un vin ? 

Les sulfites sont les intrants les plus utilisés dans le monde viticole. Leur fonction première est de protéger les vins de l’oxydation (lorsque le contact avec l’air est trop important) et de donner  au vin la possibilité de vieillir sans défauts. De ce fait, le choix de retirer les sulfites fait courir un grand risque au produit final. 

La vinification est un processus délicats pour les grappes. Les baies, le moût ou le vin, sont très souvent en contact avec l’air libre. 

Tout d’abord, les bonnes choses qu’ils contiennent (notamment les sucres) excitent  la convoitise de nombreux micro-organismes qui peuvent gâcher instantanément le travail. 

D’autre part, les macérations et fermentations produisent du CO2 qu’il est nécessaire d’évacuer en aérant régulièrement les moûts lors des fermentations. 

L’autre fonction de l’aération est le développement du bouquet aromatique, qui rendra le vin expressif et savoureux sur sa jeunesse. 

Ces nombreux contacts avec l’air et la présence de micro-organismes (on dit bien que le vin est un produit vivant…) demandent une grande prudence. C’est pourquoi l’emploi ménagé de sulfites apparaît indispensable. Véritable barrière contre l’oxydation et les contaminations, les sulfites permettent de garantir la qualité du vin. 

 

Alors, pourquoi sans sulfites? 

Il y a déjà une dizaine d’années la Famille Brunel, concernée par la qualité et l’authenticité de ses produits et toujours à la recherche du meilleur dans son travail, a élaboré un premier vin sans sulfites ajoutés “au plus près du raisin” : le Châteauneuf-du-Pape rouge “Peur Bleue” (premier millésime 2004).

Forte de sa longue expérience dans l’emploi de techniques et méthodes les moins interventionnistes et les plus respectueuses possibles, les Brunel présentent avec cette cuvée l’expression la plus aboutie mais aussi l’évolution la plus logique de leur démarche. Grâce à une vinification radicalement différente des autres cuvées, ce vin s’exprime exclusivement sur le fruit, et sa production est un réel challenge. 

 

“Peur Bleue”?

Comme évoqué précédemment, le sulfite protège des deux principaux ennemis du vin et de son vigneron : l’oxydation et les contaminations bactériennes. Le choix novateur et risqué de la Famille Brunel pour la production de ce vin sans sulfites, n’a pas été sans conséquences. Pour ces vignerons de longue tradition (depuis le 17ème siècle), on peut affirmer que ce fut une véritable “Peur Bleue” que de se lancer dans cette nouvelle cuvée. 

Cependant, la peur s’est rapidement envolée pour laisser place à une réelle maîtrise du produit et de son avenir. Peur Bleue existe maintenant depuis plus de 10 ans. C’est une véritable réussite pour les amateurs de vins fruités aux arômes très purs

C’est tout naturellement qu’en 2016, les Brunel décident de proposer une nouvelle cuvée sans sulfites mais cette fois-ci issue de leur vignoble de Rasteau, qu’ils nomment donc : “Même pas peur” ! 

 

La dégustation d’un vin sans sulfites

Les cuvées sans sulfites demandent une vinification qui limite au maximum le contact avec l’air. Ces vins contiennent donc une dose de CO2 très importante. C’est pourquoi dès leur ouverture, ils sont pétillants et fermés. 

Pour répondre à ce grand besoin d’aération, il faudra les verser dans une carafe avec le fond le plus évasé possible, pour permettre un maximum de contact entre l’air et la surface du vin.   

La quantité désirée une fois versée, secouez l’ensemble énergiquement : ces vins (essentiellement jeunes) supportent très bien l’épreuve et ne s’en porteront que mieux.

Ils seront débarrassés du CO2 qui les rend perlants, et l’aération va déplier les multiples pétales de leur bouquet. Ils vont pouvoir vous offrir tout leur potentiel d’arômes fruités, ainsi que leur fraîcheur persistante.

 Dans l’idéal, carafez votre bouteille plusieurs heures avant la dégustation. Mais cette opération peut très bien si nécessaire se limiter à 10 minutes à ¼ d’heure, grâce à une carafe bien ouverte et à une agitation énergique.